Carte de la région en 1775
Réalisation : Cassini

carte cassini de cros-de-montvert

(source: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b7711523w.zoom.r=cassini+N+15+aurillac.f1.langFR)

La carte de la région de Cros-de-Montvert

Auteur : Cassini de Thury, César-François (1714-1784).
Titre : Aurillac. N°15. Flle 151.
Description : 1 carte : en coul. ; 60 x 94,5 cm.
Notes : Cote : Ge FF 18595 (15) BNF Richelieu Cartes et Plans Reprod. Sc 96/56.
Carte levée entre 1766 et 1775 par Duchapt de Breuil, Duffaux-Davray, Cabay et Dubois, vérifiée en 1774 et 1775 par La Ruelle.
Gravée par Dupain Triel et par Bourgoin pour la lettre.


      Les noms des villages et des hameaux ont évolué au fil du temps, comme la langue française. Les informations les concernant proviennent du livre "Dictionnaire topographique du département du Cantal" de Emile Amé de 1821 (publié en 1897).

* Bourbouze, (Bourbaye en 1634, Bourbuge en 1643, Bourbouju en 1649), "village à l'extrême frontière ouest du département et près de la rivière Maronne".
* Caulus, (Cailutz en 1637, Caulech en 1640, Caulah en 1642, Cauluts en 1653), hameau voisin du Monteil. On y trouve de jolies maisons d'habitation anciennes en pierre de taille (absent de la carte Cassini).
* Cinq-Arbres, (Sinq Arbres en 1449, Cinq-Quarbres en 1636, Cinqualbres en 1652, Cinqarbre en 1782), hameau.
* Creste, (absent de la carte Cassini), "hameau près duquel s'étend une grande forêt du même nom". Le hameau, abandonné depuis plus de 50 ans, n'est plus que ruines englouties par la forêt et les bruyères.
* Fargues, hameau.
* Grammont, (Gramon en 1644, Grammons en 1782), hameau sur le versant gauche du ruisseau du Bouissou (Bouisson). Est rattaché à la commune de Rouffiac.
* Grandcamp, (Gran-camp en 1633, Le grand Calm en 1641, Grandcam en 1751), village situé après celui du Cayrou.
* Joncassou, hameau. (absent de la carte).
* L'Estrade, hameau.
* La Camp, (Lacam) hameau.
* Le Bouissonot, hameau situé près de Maison Rouge (absent de la carte Cassini).
* Le Cassan (Le Cassan en 1633, Le Cassang en 1648), hameau et son moulin.
* Le Cayrou, (Lou Cayrou en 1649, Le Queyrou en 1651, Lou Quayrous en 1782), village sur le ruisseau de ce nom.
* Le Monteil, (Lou Monteilh en1675, Lou Montel en 1701), village le plus peuplé après le bourg de Cros-de-Montvert. Il est situé au delà de l'étang de Pénières.
* Les Mouniardes, hameau à la sortie du bourg (absent de la carte Cassini), en direction de Saint-Cirgues-La-Loutre.
* Maison Rouge, hameau (absent de la carte Cassini). Le hameau (ainsi que celui de Mouix, voisin) abrita une verrerie. La fabrique de verrerie au bois fut créée vers 1840 par les frères Georges et Jacob Feltz (Georges a été membre du conseil municipal de Cros-de-Montvert). Le personnel était composé surtout d'étrangers au secteur. A la mort des frères Feltz, la verrerie poursuivit son activité sous la direction de Mr Benoit. A la suite de difficultés avec les ouvriers, l'exploitation cessa juste avant la fin du 19e siècle. L'activité de la verrerie aura bénéficié à la commune de Cros-de-Montvert pendant un demi-siècle et contribué à maintenir la population de celle-ci. ("Les verreries au bois du Quercy", Extraits du Bulletin de la Société des Etudes Littéraires, Scientifiques et Artistiques du lot). Les batiments actuels sont ceux de l'ancienne colonie paroissiale de St Eustache.
* Malmaison, (Mansus de Malasmujos en 1275, Malasmayens en 1640, Malemaison en 1702), hameau.
* Marcolès, hameau (absent de la carte Cassini).
* Mézergues, (Meselgues en 1632, Mesières en 1641, Mesdregues en 1686), village au nord du bourg ;" il y a un petit château construit à la moderne."
* Mouix, (Moiagz en 1635, Mouch en 1659), village qui donne son nom à une vaste forêt à l'est de Cros de Montvert.
* Orfeuille, (Arfueilhe en 1632, Arfueille en 1644), hameau près de Mézergues.

 



* Pénières, (Peignam en 1650, Peignières en 1697) "village et ancien château bien situé, qui a été fortifié en 1575 au temps de la Ligue. Il a appartenu à plusieurs familles, et avait titre de baronnie. Géraud et Pierre de Pénières sont cités comme témoins dans un acte en 1322. N. Rigaud de Carbonnières donna, avant 1308, les rentes qu'il possédait à Cros et à Pénières, à Bernard de Montal son parent. La baronnie de Pénières appartenait à la famille de Noailles dans le commencement du XVIIe. siècle (En 1561 Antoine de Noailles l'avait acheté ainsi que Merle et Carbonnières aux Gontaud-Biron qui eux-mêmes les tenaient du baron Alain de Carbonnières depuis 1509). François de Noailles, lieutenant général, habitait le château de Pénières en 1622. Charles de Noailles, évêque de St-Flour, aimait cette résidence et y venait souvent, de 1629 à 1636, avec son frère le comte, gouverneur de Haute-Auvergne, et le duc d'Ayen, son fils. Jean de Noailles, abbé de Valette, mourut au château de Pénières en 1673, et Annet son successeur, en 1709. Adrien Maurice, duc de Noailles, marquis de Montclar, fut baron de Pénières en 1734. Louis, duc d'Ayen, pair de France en jouissait en 1752 ainsi que de Carbonnières, Trémouille et St-Rouffy qui dépendaient de la baronnie." Pénières était avant 1789, régi par le droit écrit, siège de la justice seigneuriale du lieu, et ressort. au bailliage de Vic (sur-Cère?).
"Après avoir été vendu pendant la révolution comme bien national, le château, qui comprenait sept tours, fut incendié en 1807. Le propriétaire y établit une verrerie, où l'on fabriquait des bouteilles mais qui a cessé depuis longtemps d'être en activité." Seules, deux tours subsistent encore. Rénovées, elles servent d'habitation. On voit près du château l'ancien étang seigneurial, toujours en eau pour le plaisir des pêcheurs, et alimenté par la vialle-dantine, petit ruisseau qui prend sa source dans la commune.
Voir également le site très documenté sur l'histoire du Château "Penieres" , réalisé par Laurent Faubladier.

* Perrufes, (Perruffe en 1639), hameau avec son moulin sur le ruisseau "le buissou".

* Trémouille, (Trémoulhes en 1633, Trémoulhes en 1653, Trémoulies en 1750), village (château détruit) qui a été rattaché, jusqu'en 1832, à la commune de Saint-Santin. Il est situé près du ruisseau de St-Rouffy et du grand chemin. Des documents de l'Abbaye de la Couronne (près d'Angoulème) placent le prieuré des Estourocs dans les Estourocs de Cros-de-Monvert, membre du diocèse de St Flour, au milieu de la terre féodale de Pénières.
Une carte de Cassini situerait une chapelle près du village de Trémouilles sur la commune de Cros. En effet dans la Revue de Haute Auvergne de 1908 , Marcellin Boudet indique : "une carte de Cassini marque d'une croix près du village de Trémouilles l'existence ancienne d'une chapelle et un peu au-dessous dans son bois des Estourocs, un assez vaste quadrilatère allongé et très régulier, à l'aide de quatre lignes de pointillés qui représentent peut-être l'emplacement de l'ancien monastère et du village formé autour de lui.".
J.B. Déribier, dans son Dictionnaire, cite Trémouille avec ce commentaire : "ce village était situé près du ruisseau de St Rouffy et du grand chemin. Le bois dit de l'Estouroc, ancien repaire de voleurs, commence là, et couvre les gorges profondes de la Maronne en descendant jusqu'à la rivière."